Retrouver sa créativité: pré-embarquement

Je viens de commencer un cours en Animation et Créativité qui m’oblige à lire quelques livres sur la créativité. Vous savez, comme je l’avais mentionné dans un article critique littéraire, que j’étais en  «convalescence littéraire» que je ne retrouvais plus ma créativité et que j’allais remédier à cela. Jusqu’à présent, ça ne fonctionnait pas tellement. Cependant, hier j’ai commencé à lire l’un des livres obligatoires pour ce cours et j’ai véritablement trouvé une solution afin de débloquer ma créativité. Sincèrement, lisez ce livre : Libérez votre créativité de Julia Cameron. Faîtes-le. C’est un vent de fraîcheur sur votre potentiel créateur. Enfin… où je m’en vais avec tout ça me direz-vous ? C’est qu’en lisant ces pages, plusieurs trucs concernant les blocages créatifs demandent de lister les importuns qui nous ont toujours empêché de créer. Et c’est alors que mon esprit a quitté sa lecture pour vagabonder dans de mauvais souvenirs de début universitaire en scénarisation. J’ai donc décidé de l’écrire pour qu’il quitte à jamais mon subconscient et qu’il ne m’empêche plus, à l’avenir, de créer et laisser aller ma créativité. Et j’ai donc décidé de partager ce souvenir avec vous! 🙂  Ça fait sortir le méchant comme on dit!

Basée sur une histoire vraie, mais romancée

Je suis assis dans la classe. Les pupitres sont disposés en cercle, de façon à pouvoir discuter en groupe sur l’évolution des idées scénaristiques. L’enseignante, appelons-la Brigitte, est une véritable cinglée. Sa réputation de méchante machiavélique la précède de par les commentaires des étudiants qui ont déjà subi son châtiment. Cependant, je me dis que les autres peuvent parfois éprouver des difficultés avec certains enseignants, mais ceci n’en est que de leur ressort puisqu’ils décident tout simplement de ne pas apprécier leur méthode ou leur cours. Alors nous voici dans la première activité de groupe, tout le monde est un peu nerveux de devoir présenter son idée de scénario devant toute la classe qui va « critiquer », ou plutôt « commenter », ce premier jet d’écriture. Cependant, contrairement à toutes attentes, le pire ne vient pas des étudiants, mais bien de l’enseignante. Quelques étudiants très incertains de leurs idées bégaient parfois et se font démolir par ce dinosaure sans pitié qu’est Brigittosaurus-Rex. Vient alors mon tour :

—   Alors j’ai eu l’idée de mettre en scène des colocataires

—   Pourri!, s’exclame Brigitte, C’est du déjà vu, va falloir faire beaucoup mieux. C’est tellement emmerdant. Vous est-ce que vous iriez voir un film qui raconte la vie de colocataires ? NON. Parce que c’est monotone et sans couleur et que ça se passe entre quatre murs.

—   J’avais pas terminé d’expliquer…, continue-je.

—   Pas besoin d’en dire plus, je l’ai lu votre squelette. Et ça vaut pas la peine d’en dire plus. Un qui étudie en cuisine, l’autre qui se fait vivre. Rien de plus platonique!, renforce-t-elle de plus belle devant les étudiants qui n’osent se prononcer et ne font que s’abdiquer à ses propos d’un mouvement affirmatif de la tête.

—   Je pensais qu’en mettant…, essaye-je de me faire comprendre

—   Vous pensiez, mais vous aviez tort. Faut trouver un meilleur filon. Parce que ça vaut pas grand chose. En tout cas, bonne chance, dit-elle d’un ton répresseur.

À ce moment de ma vie, je ne fais qu’encaisser, parce que dans le fond, je tiens beaucoup trop à ma réussite universitaire. Et comme je n’ai jamais eu affaire avec une cinglée de ce type, je me dis que le meilleur moyen, c’est de fermer ma gueule et de l’endurer toute la session en essayant de comprendre ce que je fais d’incorrect. Cependant, il n’y avait rien d’incorrect, seulement une frustrée qui prend plaisir à détruire des futurs créateurs en les décourageant, en leur creusant leur tombe et piétinant toutes leurs chances de s’en sortir. C’est carrément faire avorter leur potentiel dans l’œuf. C’est purement négatif.

La réaction que j’aurais dû avoir, c’est de quitter ce cours et ne plus jamais me laisser piétiner. Parce que personne ne mérite de se faire piétiner. Et personne n’a le droit d’anéantir une personne quand cette dernière mets ses trippes sur la table dans un projet créatif. Ma réaction aurait dû donc être la suivante :

—   Pardon ?, me rebute-je.

—   Vous m’avez bien entendu, il va falloir recommencer tout le processus, y’a rien à faire avec ça, renforce-t-elle d’un ton de satisfaction personnelle.

C’est alors que je me lève, devant les autres étudiants surpris qui se demandent ce que je vais faire, et je prends mes clics et mes clacs et je quitte la salle de cours. En chemin, la folle/tueuse d’artistes-scénaristes en devenir me relance :

—   Qu’est-ce que vous pensez que vous faîtes ?

—   Je m’en vais. C’est pas vrai que je vais me faire chier avec vous. C’était la première et la dernière fois que je tolérais qu’on me traite de la sorte. J’ai pas payé 200$ pour un cours enseigné par une cinglée aussi impertinente que vous. Au revoir.

J’ouvre la porte devant les yeux ébahis des autres étudiants qui se demandant ce que Brigitte aura comme réaction, et je quitte. Je marche dans le corridor et j’entends la porte s’ouvrir à nouveau. Pendant un instant, j’ai cru que j’avais lancé une bombe contagieuse dans la classe et que tous les étudiants allaient me suivre dans ce cheminement, mais non…

—   Vous ne pourrez jamais réussir. Je les ai fait mes films, et je sais ce que c’est que l’industrie cinématographique, c’est une industrie sans pitié, vous allez vous faire dévorer, et tout ce que je vous ai dit c’est pour vous préparer à cette bête féroce qui est bien pire que ce que je vous ai dit!, s’écrie Brigittosaurus-Rex.

Des étudiants cheminant nonchalamment dans les corridors sont devenus alors spectateurs de cette scène assez enflammée.

—   JE M’EN CÂLISS! Vous méritez juste de pourrir avec vos films pis votre industrie. Pis j’ai pas besoin d’une conasse comme vous pour me détruire. Je sais ce que je vaux, pis je vaux pas mal mieux que vos petits films et que votre expérience qui vous ont amenés à devenir un sorcière fuckée qui pensent juste à avoir du plaisir dans le malheur des autres, dis-je en prenant le soin d’ajouter, vous êtes juste une mal-baisée.

—   Je vais vous faire couler votre session, l’université va vous jeter en dehors du certificat, cingle-t-elle au loin.

—   C’est ça. Vous pensez qu’une simple chargée de cours comme vous à autant de pouvoir ? Ha, ha! Vous vous fourrez le doigt dans l’œil. Adieu.

 

C’est ainsi que j’aurais pu éviter un méga blocage dans ma créativité, mais évidemment, ceci n’est que l’œuvre fantasmatique de mon inconscient qui éprouvait le besoin d’effacer cette blessure de l’esprit, puisque j’ai dû l’endurer cette cinglée. Pendant toute la session. J’ai réussi à obtenir B+ et ne plus jamais avoir à la côtoyer de ma vie. Maintenant, il est tant de la détruire à jamais dans mon subconscient, et c’est ce que ce texte avait pour but.

Jonathan
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